Livres inspirés et inspirants
Il ne m’est guère facile de le dire autrement, mais sans livres, je n’aurais pas survécu. Aussi, y avait-il toujours, à tout le moins, un livre à l’intérieur de mon bagage lorsque je hantais les cages d’escaliers et que je faisais que survivre dans un monde qui semblait se refuser.
À tout le moins ? Oui, car j’aurais été pareillement en difficulté si je n’avais été en capacité d’écrire et il contenait donc le manuscrit qui allait atteindre après plusieurs années quelques cinq cent feuillets avant qu’il ne me soit arraché. Ce à quoi, il fallait ajouter le dictionnaire dont je ne me départais jamais bien qu’il fut en partie délabré.
Mon bagage était lourd, il était encombrant et pourtant, jamais je n’y aurais renoncé car comment renoncer à la seule chose susceptible de nous édifier, lorsqu’on sait de façon définitive que la mort n’est pas une fin et qu’on ne mettra en conséquence jamais un terme à la vie elle-même ?
De « Cent ans de solitude » aux romans de Gary, de John Irving à Kundera, puis plus tard de Christian Bobin, à Christiane Singer, et de Omram Michaël Aïvanhov aux enseignements d’Abraham transcrits par Ester Hicks, les livres témoignaient de mon potentiel d’aimer. Ils étaient ma raison. Mon jardin. La seule chose sur laquelle je pouvais compter. Ils étaient même ce sur quoi je m’appuyais lorsque je travaillais à Pigalle et que l’on faisait appel à moi pour piéger les hommes par trop cultivés pour tomber dans nos ordinaires et grossières embûches
Sur ma table de chevet, « Illusions ou Le Messie Récalcitrant » a longtemps trôné.





































