La Beauté et le reste…
« Mais alors, tu as vécu dans un cauchemar durant toutes ces années »
Tel est le constat posé par mon ami, après que je lui eus confié la fulgurante descente émotionnelle que je venais de vivre et les mémoires anciennes que l’expérience d’origine avait réactivées.
Un cauchemar, oui. Et bien-sûr personnalisé. Car nos peurs et nos obsessions ne sont pas les mêmes, pas plus que la perception que nous avons de la laideur, de la chute ou de l’ignominie.
Imagine que tu sois moi et que tu aies appris à la sortie de ton enfance que le clochard que tu observais depuis ton balcon alors qu’il était assis sur l’un des bancs du terre-plein était en fait ton frère. Imagine que depuis, tu aies nourri à l’encontre de tous les autres une terreur sans nom et qu’il n’est pas rare que, ouvrant ta porte au matin, tu découvres un ivrogne vautré sur ton paillasson. Imagine qu’un autre ait élu domicile dans la voiture abandonnée en bas de l’hôtel de misère où tu tentes tant bien que mal de survivre et qu’il surgisse comme un diable de sa boite au moment précis où tu en sors. Imagine que tu aies assisté à son lynchage par d’autres clochards sur le quai du métro « Château Rouge ». Imagine qu’un dernier fasse irruption dans le wagon où tu te trouves pour s’en venir vomir, non pas sur les chaussures de ton voisin mais sur tes propres pieds, comme une odieuse dédicace personnelle.
Imagine que tu ne fasses toujours que les fuir avec en ton cœur une effroyable répulsion mâtinée d’empathie et qu’ils te rattrapent indéfiniment.
Des hommes puants. Déformés par l’alcool. Abimés, titubants. Ivres et terribles.
Bon. Voila pour le décor. Et maintenant, laisse-moi revenir à l’expérience qui m’a conduite à revisiter toutes ces vieilles mémoires – et peu importe que celles-ci appartiennent au transgénérationnel ou pas – ainsi qu’au contexte dans lequel ladite expérience a surgi.
Plus de vingt-cinq ans se sont écoulés et il n’est plus de cauchemar auquel je puisse être attachée : je ne mise plus que sur la beauté du monde.
D’ailleurs, en ce début d’année 2025, la gouvernance intérieure est le principal objet de mon étude Aussi vais-je être testée dans la compréhension et l’intégration de cet enseignement.
Qu’est-ce qui se passe en moi lorsque j’ai une perception de ce type ? Quel centre est touché en premier et pourquoi ? Qu’est-ce que je peux faire de cette information pour qu’elle ne devienne pas une pollution à l’intérieur de mes corps subtils : un déchet. Une offense.
Voilà que je viens de « tomber » sur une musique aux paroles joliment ciselées dont la pureté et la simplicité me touchent et qu’en investiguant sur la toile, je découvre la beauté de son auteur. Mais la photographie date un peu et en continuant ma quête, voilà que ce dernier vient de m’apparaitre tel qu’il est aujourd’hui et que la vision de son corps déchu crée une déflagration en mon cœur.
Car oui : je viens de laisser entrer cette vision et tout le cortège de pensées qu’elle m’évoque. Oui, je n’ai pas laissé le gardien lui en refuser l’accès.
Et de m’offusquer par la même occasion qu’il ait pu ainsi immoler le temple magnifique qui lui avait été confié.
Mais qui suis-je d’ailleurs pour ainsi me faire juge ? L’ancienne héroïnomane en moi est-elle vraiment habilité à s’en préoccuper ?
Et qu’en est-il de la Beauté du cœur ?
Merci à l’artiste à qui je dois une régression spectaculaire ainsi qu’une remontée en conscience.
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